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Name: Tourkene

Saturday, April 22, 2006

Xavier Deroux

Et le contrat première embauche dans tout ça ?
L'Echo des Arènes - Mars 2006
http://www.xavierderoux.net/cms/index.php?id=5,76,0,0,1,0

Depuis des temps immémoriaux, la satisfaction de ses rêves, de ses envies, de ses besoins a fait courir l'homme. On appelle cela le profit. Certes, le XIXème siècle et le XXème siècle ont vu avec les besoins financiers croissants des activités nouvelles, le capitalisme prendre son envol et avec lui le profit. Certes dès l'aube du XIXème siècle, de Fournier à Saint-Simon et de Saint-Simon à Marx, en passant par Proudhon, on a tenté de remplacer les sociétés du profit par une société des égaux dont seule l'âme collective serait le ressort de l'activité. Ces systèmes parfaits ont terminé leur carrière à la fin du XXème siècle après que la dictature du prolétariat ait été celle des parvenus du prolétariat, et qu'ils aient ensanglanté la planète de Moscou à Pékin, de Varsovie à Phnom Penh, de Budapest à Hanoï, en supprimant partout la liberté. Faute de capitalisme, on avait le travail forcé !
Mais depuis nous vivons dans un étrange système où l'accumulation du profit crée un sentiment d'insécurité, où le progrès technique ressemble à une menace, où l'on réclame le retour en arrière alors que la planète est devenue sans frontières lorsqu'il s'agit d'échanger les produits et les marchandises dans un vaste marché dont le seul aiguillon est la concurrence. Produire le moins cher possible pour vendre au plus grand nom-bre, tel semble l'impératif décidé par les consommateurs qui oublient qu'ils sont en même temps acteurs de la production et de l'échange.
Désormais, les grandes cathédrales ouvrières occidentales sont démantelées les unes après les autres, en même temps que les coûts de production doivent supporter des salaires et des charges incompatibles avec les prix de revient qui doivent en même temps donner satisfaction aux consommateurs et rémunérer l'investissement.
La production industrielle fuit donc les pays que l'on dit développés vers les pays émergents, mais ces délocalisations accroissent évidemment le chômage et la sensation de ce qu'il est convenu d'appeler la précarité.
Le citoyen habitué au confort de sociétés bien organisées se met subitement à vivre en plein vent, toutes fenêtres ouvertes ! Il ne comprend plus les mécanismes qui mènent le monde, et encore moins ce que font ou ce que ne font pas les gouvernements pour lutter contre le manque d'emploi.
C'est dans ce contexte difficile qu'est intervenu le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo ; il faut agir non seulement sur l'emploi, mais sur le cadre de vie, et au premier chef sur la rénovation urbaine.
Or, les premiers à supporter un chômage massif ce sont les jeunes de moins de 26 ans qui ont le plus grand mal à s'intégrer au monde du travail.
En effet, plus le coût du travail augmente, plus l'entreprise augmente sa productivité qui exige les travailleurs les mieux formés et les plus efficaces ; et si la productivité ne suffit pas, ensuite souvent l'entreprise délocalise… Ne restent plus en France que la conception et la recherche, et encore…
Mais la France compte heureusement 2 500 000 entreprises et autant d'entrepreneurs. La très grande majorité, soit travaillent pour le marché intérieur national, soit sont extrêmement inventives et réalisent un travail, un produit, avec une qualité que des concurrents étrangers ne possèdent pas. C'est ainsi d'ailleurs que l'Allemagne s'en sort grâce à son quasi-monopole de la machine-outil. Ces PME, ces PMI créent de l'emploi et souvent se développent. Seulement notre droit du travail a été conçu pour de grandes entreprises avec de grands syndicats. Notre droit du travail est devenu avec plus de 2000 articles de code une matière de spécialistes. De grands cabinets d'avocats se sont spécialisés dans cette matière difficile ; or les PME et les PMI, très souvent, n'ont pas accès aux subtilités de nos codes et le premier licenciement fait de travers entraîne mécaniquement des effets financiers qui peuvent parfois être dramatiques. Cette insécurité née de la complexité fait que beaucoup de petites et moyennes entreprises préfèrent embaucher à coup sûr plutôt que de prendre le risque d'avoir à licencier. Toutes les enquêtes, tous les sondages le démontrent.
L'idée du Contrat Première Embauche, c'est donc d'éliminer l'obligation de prouver pendant deux ans la cause réelle et sérieuse du licenciement, puisque l'absence de preuve de cette cause entraîne le paiement d'une indemnité distincte du préavis et de l'indemnité de licenciement. Le Contrat Première Embauche, c'est un vrai contrat de travail à durée indéterminée, qui ne peut être rompu que moyennant un préavis et une indemnité et qui ouvre droit aux indemnités chômage ; mais pendant une période de deux ans, l'employeur n'a plus la charge de la preuve du motif réel et sérieux du licenciement, ce qui ne l'autorise pas pour autant à procéder à un licenciement abusif. Cette évolution de notre droit du travail destiné à faciliter l'embauche de jeunes n'ayant pas encore d'expérience, mérite-t-elle le remue-ménage qui est fait ?
Il ne s'agit pas de livrer à la jungle les relations du travail ; il s'agit simplement de constater que souvent le mieux est l'ennemi du bien. Personne ne s'étonne de ce que beaucoup de nos jeunes partent travailler à Londres, au Canada, en Australie et dans un vaste monde où le droit du travail pourtant ne leur apporte pas la protection du droit français.
Le Contrat Première Embauche ne réglera évidemment pas la question de la place de l'économie française dans le monde, mais s'il peut simplement faciliter l'accès à l'emploi d'un certain nombre de jeunes, il aura rempli son but.

Commentaires
Vous nous dîtes qu'actuellement les entrepreneurs comme les salariés vivaient dans un climat d'insécurité économique qui freine l'embauche. Pour y remédier vous proposez que les entrepreneurs ne subissent plus l'insécurité liée au Code du travail.
Dès lors on arriverait à une situation où les les entrepreneurs seraient en sécurité mais non les salariés. Là où il y avait une égalité dans l'insécurité, vous pronez l'émergence de "parvenus" de la sécurité et ainsi, retombez dans les travers de ces systèmes "parfait" que vous critiquez.
Peut importe ce que vous cherchez à démontrer, faites le avec plus de rigueur intellectuelle.

Friday, April 07, 2006

Ségolène Royale

Publié sur son sîte

La réponse de la droite au chômage, c’est de fragiliser le travailleur.

Ma proposition est à l’inverse : le salarié doit être sécurisé. Il en va d’abord du bien-être de chacun, de sa capacité à construire des projets de vie, pour lui et sa famille, et donc de l’état de notre société ; il en va aussi de l’efficacité de notre économie : ce n’est pas avec des salariés perpétuellement inquiets du lendemain que nos entreprises iront de l’avant. C’est pour cela qu’il faudra, demain, supprimer les contrats précarisés que le gouvernement vient d’imposer. C’est pour cela que, en Poitou-Charentes, nous avons conditionné les aides régionales aux entreprises à des engagements portant sur la durabilité des contrats de travail, sur la qualité du dialogue social dans l’entreprise, et aussi sur le respect de l’environnement. Ainsi les entreprises qui ont recours au CNE ne sont pas éligibles à ces aides.
Pour autant, la vie professionnelle n’est plus la même qu’il y a deux générations : on trouvait alors un premier emploi sans difficulté, que l’on ait d’ailleurs un diplôme ou que l’on soit sans qualification, on faisait souvent à peu près le même métier tout au long de sa vie, et on travaillait jusqu’à la retraite. Aujourd’hui l’entrée dans la vie professionnelle est difficile pour les jeunes sans qualification, on fait en moyenne au cours de sa vie trois ou quatre métiers, et on est souvent rejeté du marché du travail bien avant l’âge de la retraite. C’est à ces trois situations qu’il faut trouver des solutions, pour que l’entrée dans la vie active, les aléas de la carrière professionnelle et sa période finale cessent d’être faits de ruptures, de traumatismes et d’échecs.
Depuis 2002, la politique de la droite a aggravé ces situations :
- l’entrée dans la vie active de tous les jeunes, y compris ceux qui ont un diplôme ou une formation qualifiante, est obérée par le CPE : c’est l’institutionnalisation dans le droit du travail de la précarité des jeunes salariés, même pour ceux qui auparavant pouvaient accéder rapidement à un CDI ;- le moteur croissance-création d’emplois a été cassé, les fruits de la croissance étant gaspillés à des réductions d’impôts improductives, et rien n’a été fait pour combler le défaut de qualification de la population active, qui est une des causes principales de la difficulté de trouver ou retrouver un emploi.
Je souhaite pour ma part rééquilibrer le rapport salarié-employeur en offrant la sécurité au salarié tout en donnant aux entreprises l’agilité dont elles ont besoin pour s’adapter aux évolutions de la conjoncture, aux progrès technologiques et à l’intensification des échanges. Aujourd’hui cette agilité, les entreprises la gagnent aux frais des salariés : c’est cela qu’il faut changer.
Cinq principes doivent à cette fin être mis en œuvre :
1- Un contrat à durée indéterminée : la première sécurité pour le salarié, c’est un contrat de travail équilibré ; le CDI doit donc redevenir la norme, le CDD et l’intérim étant réservés strictement à la couverture des besoins temporaires des entreprises, alors qu’en France ils sont davantage que dans la moyenne des pays de l’OCDE utilisés à couvrir des besoins permanents (10% des salariés sont en CDD ou en intérim). Dans ce cadre, l’agilité pour les entreprises doit leur être donnée par un allègement des cotisations sociales en fonction de leurs efforts pour l’embauche de salariés encore sans qualification, de jeunes à la recherche d’une première expérience professionnelle, de chômeurs de longue durée ou de salariés âgés. A l’inverse, le recours indu au CDD ou à l’intérim doit faire l’objet d’une pénalisation financière.
2- Une expérience professionnelle avec une formation pour les jeunes sans qualification : ce sont les jeunes sans qualification qui peinent à trouver leur place sur le marché du travail ; c’est donc par la qualification et la formation qu’il faut les y aider. Un droit à une formation rémunérée et liée à une première expérience professionnelle doit leur être systématiquement ouvert. Le contrat sécurité-formation proposé par le Parti socialiste en est l’illustration .
3- Une protection contractuelle des transitions professionnelles : la sécurité des parcours professionnels suppose de gommer les conséquences négatives de la mobilité professionnelle subie. Le salarié licencié ne doit plus se retrouver abandonné à lui-même, obligé de se frayer seul un chemin dans le dédale des organismes de placement et de formation. Le lien social que constituait pour lui le contrat de travail qui vient d’être rompu doit être continué dans un contrat-relais lui assurant une rémunération, un bilan de compétences, une formation et une aide active à la recherche de son futur emploi.
4- Des droits attachés à la personne et transférables d’un emploi à l’autre : la mobilité professionnelle choisie doit être encouragée, car elle permet de diversifier la carrière professionnelle, mais aussi d’anticiper un risque de rupture du contrat de travail en cours. Le salarié doit pour cela conserver ses droits acquis, notamment ses droits à la formation, lorsqu’il fait le choix de la mobilité.
5- Un capital individuel de formation : la formation est aussi essentielle pour conserver son emploi, obtenir une promotion, changer d’entreprise, que pour entrer la première fois sur le marché du travail. La reconnaissance d’un droit individuel à la formation tout au long de la vie doit y pourvoir, selon le principe que le droit à la formation au cours de la carrière est d’autant plus important, en temps, que la formation initiale a été brève et peu qualifiante.Rien de solide et de durable ne se fera pour assurer la sécurité des parcours professionnels, tout en permettant à nos entreprises de maintenir un haut niveau de compétitivité, en un mot pour que le travail soit reconnu comme un facteur déterminant du développement économique, si les partenaires sociaux n’en sont pas les acteurs et les promoteurs. L’Etat doit tracer le cadre et les principes fondateurs du nouveau rapport entre le travailleur et l’employeur, car c’est à lui qu’il revient de garantir la cohésion sociale et les droits individuels. Mais seule la négociation sociale peut avoir, ensuite, la force suffisante pour fonder ce nouveau rapport social.

commentaires:

Vous nous dites que "la réponse de la droite au chomage, c'est de fragiliser le travailleur". Vous proposez à l'inverse de sécuriser le salarié. Vous dites également que le problème pour trouver du travail c'est le manque de qualification. Et vous souhaitez, pour rééquilibrer le rapport salarié-employeur, d'ouvrir systématiquement un droit à une formation rémunérée liée à une expérience professionnelle.A partir de ce moment là; Soit il suffit d'être qualifié pour avoir un travail et vous avez résolu le problème du chomage; Soit ce n'est pas le cas, et alors les gens sans qualification auront la priorité pour être employés.Une fois qu'il seront qualifiés, ils passeront, selon votre logique, obligatoirement après ceux qui ne sont pas qualifiés.

Wednesday, April 05, 2006

Corinne Lepage

Publié le 31 mars 2006
http://corinnelepage.hautetfort.com/

La fin de la Ve République (Avis de décès politique de la Vème République)Avec le sens de la formule qu’on lui connaissait, le général de Gaulle rappelait qu’" une Constitution, c’est un esprit, des institutions, une pratique ".Cet esprit de la Vème République, tel que l’avait voulu son fondateur, faisait du chef de l’Etat non seulement un arbitre et un garant des institutions, mais aussi un véritable capitaine de l’équipe gouvernementale lorsqu’il disposait de la majorité parlementaire. Le président de la République entretenait alors avec le peuple un lien de confiance privilégié dont le contrat implicite impliquait l’acceptation de tirer les conséquences politiques d'un acte de défiance du peuple. La démission du général de Gaulle en 1969, après l'échec du référendum, avait traduit dans les faits ce contrat moral. C’est en cela que les institutions de la Vème République apparaissent comme mixtes tenant, au gré des aléas du fait majoritaire, soit du régime présidentiel, soit du régime parlementaire.Nous sommes aujourd'hui à front renversé. Le Parlement a de moins en moins son mot à dire, les votes de défiance successifs n’ont eu aucune traduction politique, la dimension plébiscitaire a disparu du contrat avec les Français pour ne laisser au chef de l’Etat qu’une irresponsabilité politique toute monarchique. Ni les élections régionales, ni les élections européennes, ni même le non au référendum, dont tous les commentateurs se sont accordés à dire qu'il constituait également un non au président de la république, n'ont eu quelque effet sur le plan politique. À travers la crise gravissime du CPE, qui constitue un bras de fer sans précédent entre un exécutif – dont la solidarité semble de plus en plus aléatoire – appuyé sur une majorité parlementaire en proie au doute et un front uni de l'opposition et des syndicats qui semblent s’appuyer sur une très grande majorité des Français, c’est le constat du décès de l’esprit et de la pratique gaullistes des institutions qui vient d’être signé.Dans un régime parlementaire, le gouvernement serait retourné aux urnes comme ont pu le faire le Premier ministre britannique ou le Chancelier allemand confrontés à une grave crise politique. Dans un régime présidentiel, le président aurait certes pu imposer son point de vue, mais séparation des pouvoirs oblige, le débat parlementaire aurait été d'une autre ampleur.Dans la Ve république tel qu’elle avait été conçue par le général de Gaulle, le président de la République aurait tiré les conséquences des votes précédents et aurait organisé sous une forme ou sous une autre un retour devant les électeurs afin de retrouver la légitimité politique nécessaire.C'est précisément parce qu'il n'en est rien que nous sommes en face d'une crise de légitimité sans précédent et ce d'autant plus que les faiblesses inhérentes au système de nomination des membres du conseil constitutionnel ajoutent aux interrogations sur la légitimité démocratique de deux des piliers principaux de l’architecture institutionnelle.Quelles que soient les suites au demeurant particulièrement risquées que ce passage en force, peut-être légal mais certainement illégitime, risque de provoquer, la nécessité d'une 6e république est désormais certaine. Indépendamment du débat autour d'un choix indispensable entre régime présidentiel et régime parlementaire, ma préférence allant au premier ne serait-ce qu'en raison de l'importance que représente pour le peuple français l'élection au suffrage universel du président de la République, ce sont les conditions de la démocratie participative au côté d’une démocratie représentative revigorée qui sont posées.En ce début de 21ème siècle, il n’est plus acceptable que des questions aussi fondamentales que celles de l’emploi des jeunes et de l'avenir de la jeunesse soient traitées et tranchées sans que les intéressés ou leurs représentants aient à minima leur mot à dire. La constitutionnalisation de la représentation de la société civile dans un conseil économique et social totalement rénové sous la forme d'un conseil de la société civile, doté de pouvoirs réels d'expertise, de propositions, et de contrôle, est un impératif. De la même manière, la nomination des membres du conseil constitutionnel devra se faire par l'intermédiaire d'un vote de majorité au moins des 3/5 de l'assemblée nationale rendant ainsi obligatoire un accord de la majorité avec l'opposition sur des personnalités choisies non pour leur couleur politique mais pour leur autorité personnelle. Cela conférera un caractère indiscutable car légitime aux décisions rendues par cette autorité.Ce n'est que lorsque la question de la méthode et de la procédure de prise de décision sera démocratiquement tranchée que les grandes réformes qui sont indispensables à la France pourront être enfin engagées. Il est temps de comprendre que la confiance ne se décrète pas mais qu'elle se mérite. Il est temps de comprendre que la réforme n'est pas une punition mais une amélioration de la situation du plus grand nombre et qu'en conséquence elle ne peut se faire contre mais seulement avec les citoyens.

Commentaire

Vous nous démontrez que la Vème République ne fonctionne plus car les hommes qui sont au pouvoir ne respecte plus l'esprit de la Constitution. De là, vous en déduisez qu'il faut changer cette Constitution.
Si les personnes au pouvoir dans le cadre de cette VIème République ne respectent pas non plus son esprit, que faut il faire ? Une nouvelle Constitution !
J'avoue ne pas comprendre votre logique qui consiste à dénoncer les travers d'un système pour en proposer un autre qui ne résoudra pas les travers que vous avez évoqués.

Tuesday, April 04, 2006

Julien Dray

Publié le 14 mars 2006
http://iledefrance.skyblog.com/

Je voudrais aussi vous parler de la banlieue.

Les émeutes de novembre dernier ont agité la France pendant plusieurs semaines. Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence, le calme est revenu progressivement. Mais qu'est-ce qui a changé vraiment ? RIEN. L'incendie est éteint, mais on en a tiré aucune leçon. Moi je le vois de mes yeux parce que je suis élu de banlieue, dans l'Essonne. Des solutions existent pourtant, elles sont expérimentées un peu partout. Mais le vrai problème, c'est essentiellement une question de moyens. Ca fait plusieurs années que je demande qu'une loi de programmation budgétaire sur la banlieue soit votée. C'est la seule solution pour allouer des fonds importants et dans la durée pour désenclaver les banlieues, recoudre le tissu associatif qui est si fondamental, offrir enfin des perspectives d'avenir aux habitants des quartiers.Et vous, celles et ceux qui habitez en banlieue, qu'est-ce que vous en pensez ? Constatez-vous, comme moi, que rien n'a changé ?

Commentaire

Pour savoir qu'une solution en est une, il faut d'abord que l'expérience soit terminée. Vous nous dîtes: "Des solutions existent pourtant, elles sont expérimentés un peu partout". Comment pouvez savoir qu'il s'agit de réussites ou d'échecs alors qu'elles sont en cours d'expérimentation ?
Vous nous dîtes par ailleurs que la seule solution est la votre, c'est-à-dire une loi de programmation budgétaire sur la banlieue. Comment pouvez-vous affirmer que c'est La solution puisqu'elle n'a pas encore expérimenté ?

Patrick Devedjian


Publié le 02 Avril 2006
http://www.blogdevedjian.com/

La sagesse est d’éteindre l’incendie

Le Président de la République a pris une bonne décision qui consiste à apaiser les tensions sociales en revenant sur les dispositions qui suscitaient l’émotion : sur le fond, l’essentiel des reproches faits au CPE a pratiquement disparu. Reste l’agitation politicienne. Mais les gens de bonne foi n’ont plus matière à s’indigner.
La discussion sur le fond est désormais ouverte à l’Assemblée nationale avec les partenaires sociaux : tout le monde va se mettre autour de la table pour avancer ses propositions et on peut espérer qu’il en sorte un texte positif pour l’emploi, ce qui est l’essentiel.
Même si la loi sur l’égalité des chances est promulguée puisque c’est le devoir du Président quand le Conseil constitutionnel n’a rien trouvé à y redire, le CPE est de fait suspendu. Et il serait étonnant que la discussion parlementaire avec les syndicats et le patronat le remette en selle.
Certains diront que le gouvernement a cédé, mais la droite dans son ensemble est suffisamment raisonnable pour ne pas vouloir un affrontement entre les Français. Et pour ne pas rester dans une situation qui a pour effet d’unifier la gauche et de mobiliser son électorat : il faut sortir de cette crise. Perseverare diabolicum est…

Commentaire

Puisque, selon vous, la droite est raisonnable, pourquoi n'a t-elle pas d'abord ouvert une discussion sur le fond avec les partenaires sociaux de manière à élaborer un texte positif pour l'emploi ?
Ne l'ayant pas fait, elle a selon vous réussit à unifier la gauche. Est-ce bien raisonnable ?

Jean Luc Mélanchon

Texte publié le 31 mars 2006
http://www.jean-luc-melenchon.fr/

LE POUVOIR APPARTIENT AU PEUPLE MEME DANS LA RUE
A la question "Le pouvoir doit-il céder à la rue ?" que me posait le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, voici ma réponse telle qu'elle a été publiée ce matin par ce journal :
"Il peut arriver que la loi soit injuste. Face à cela, la démocratie prévoit sans cesse des correctifs : le débat parlementaire, les élections ... Mais parfois, le fonctionnement des institutions se grippe. Dans l'affaire du CPE, Dominique de Villepin a brutalisé le Parlement avec le 49-3. Tous les rouages démocratiques ont été faussés les uns derrière les autres et, aujourd'hui, le gouvernement jouit d'une faible légitimité. L'ultime moyen de pression, c'est donc la manifestation, la grève. Le droit d'insurrection est même reconnu lorsque le pouvoir est tyrannique ! La désobéissance civique fait aussi partie de la démocratie. Pour tout bon républicain, en dernière analyse, la légitimité du pouvoir est entre les mains du peuple, même si celui-ci est dans la rue. L'art de bien gouverner, c'est justement de prendre les bonnes décisions qui ne mettront pas tout le monde en colère. Là, Villepin nourrit une vision bonapartiste du pouvoir où l'on fait avancer le peuple à coups de chicote."

Commentaires

Vous écrivez que Dominique de Villepin a brutalisé le parlement avec le 49.3 et qu'ainsi tous les rouages démocratiques ont été faussés les uns derrière les autres. Si le 49-3 permet ceci, cette loi constitutionnelle doit, selon votre logique, être considéré comme injuste par "tous bon républicains". Et puisque vous dîtes que la démocratie permet des correctifs face à une loi injuste, pourquoi n'en demandez vous pas l'abrogation ?